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SPORT SUD SANTE #05 // J’ai testé… le SPIVI ! Le cours de biking 2.0

J’ai testé… le SPIVI ! Le cours de biking 2.0 … comme un jeu vidéo

 « On se fait un petit SPIVI au Nuage pour ton prochain article ? »

Quand ma rédac’ chef m’annonce ça, je me dis cool on va se faire un petit cocktail en mode pépouze pour discuter du prochain numéro. Bin pense, que nenni ! Rien à voir avec un cocktail, c’est du « biking connecté et immersif », un cours de cardio intense. Bizarrement la motivation n’est plus la même et c’est à ce moment que mon calvaire commence…

« Pour aller plus haut… », comme dirait Tina Arena

Mardi 18h, j’ai donc rendez-vous pour un cours de SPIVI au Nuage, célèbre centre de bien-être montpelliérain. Je t’avoue que je ne sais pas trop à quoi m’attendre, je n’ai même pas regardé sur Google. Je connais les cours de RPM. Ces vélos d’appartement réunis dans une salle de sport bondée, musique à fond, spots lumineux dans les yeux, odeur de transpiration et halètement de sportifs en attente de montée d’endorphines.  Apparemment, c’est encore autre chose puisque on y rajoute le côté « connecté et immersif ». J’ai peur.

Ma tortionnaire : Marion la trentaine, blonde, yeux bleus, hypra-gaulée, ancienne nageuse… la fille énervante que tu regardes avec envie.

Mon objet de torture : un vélo, enfin un « bike » comme ils appellent ça ici. Le numéro 12 ! Chaque vélo possède un numéro, très important pour la suite de nos aventures. Ce sont des vélos de RPM. Pour t’expliquer, ce sont des vélos qui n’ont pas de freins, c’est tout le temps à fond les ballons.

Lieu du supplice : une salle avec une dizaine de vélos, finalement pas si bondée que ça. Par contre on retrouve bien les spotlights, la musique et pas d’odeur (pour le moment). Mais en face de nous un écran géant de 3 mètres par 4 mètres.

Mes compagnons de route : Marc à ma gauche, jeune cadre dynamique avec muscles saillants intégrés. Carole à ma droite, quarantenaire, cheveux courts, tonique, souriante, moulée dans sa tenue de biking. Les autres n’ont pas tous ce physique : plus jeunes, plus âgés, plus gros, moins sportifs…

Je comprends que tout le monde peut faire du Bike 2.0. Nous sommes tous là pour dépasser nos propres limites. Pour aller plus haut, aller plus haut…

– « Caro, tu es sportive ? », m’interpelle Marion en réglant le vélo à ma hauteur, c’est-à-dire pas très

– « ça ne se voit pas ?! », je lui réponds en lui jetant le regard du Chat Potté de Shrek et avec cette envie de verser une larmichette. Le saucisson aura eu raison de mon corps.

–  « Non c’est simplement pour savoir où sont tes limites », me lance-t-elle avec un grand sourire.

… elle est mignonne… mais je vais me méfier !

HYPER COMPET’ ! Que le meilleur gagne !

« On accueille Caroline, c’est son premier cours ».
« Bonjour Caroline », en mode réunion d’alcooliques anonymes. La meute me met à l’aise mais me fait bien comprendre que je vais souffrir. « Tu vas voir, moi après mon premier cours, j’ai pas pu marcher pendant 3 jours ». Mais pourquoi tu me dis ça maintenaaaaant ??!! Et surtout pourquoi tu reviens ?! … Viens on se sauve ! Trop tard !

Le peloton est prêt. Je ne sais pas à quelle sauce je vais être mangé mais je me lance et je donne mes premiers coups de pédales pour accompagner les autres. Pendant ce temps, notre bourreau paramètre l’écran. Je comprends rapidement que je vais participer à un jeu vidéo où mon vélo devient la manette. J’ai un avatar, je suis le maillot 12. Je me vois avancer plus au moins vite selon l’intensité de mon activité, voir même dépasser les autres participants. Le sport sort de ma tête, le jeu prend sa place. Il ne m’en faut pas plus, je suis HYPER COMPET ! Que le meilleur gagne ! Je ne lâcherai rien !

Marion lance la course. « Aller on commence, on se chauffe, c’est parti ! ». Elle nous fait faire du fractionner. On monte, on descend. On se met en danseuse. On lève les bras. Tous nos mouvements sont conditionnés par sa voix. On rajoute de l’intensité en jouant sans cesse avec une petite molette sur le vélo qui va nous permettre de monter en force et nous simuler des montées ou des descentes.

Après 15 minutes, à la fin de l’échauffement, j’ai juste envie de mourir ! Je ne tiendrai jamais 45 minutes comme ça. Je ne sais pas si je veux vomir à cause de l’effort ou à cause de cette impression de mouvements sur la route avec des parcours alternant plats, virages et ascensions. Ah les joies des routes de montagne et de la « gerboulade » de notre enfance.

Je n’aime ni perdre, ni abandonner. Je reprends mes esprits et rentre à nouveau dans le « game ». Je vois Marc zieuter sur mon vélo pour vérifier mon dossard… et ouais mec t’as vu, je suis devant toi, t’es dég ?!! Il intensifie ses mouvements, augmente la résistance et j’en fais de même ! On se tire la bourre. Il est joueur le Marco !

Continuez sans moi, je vais vous ralentir…

 Pas de coach virtuel ici, Marion est tel l’œil de Sauron, elle voit tout et tout le monde. « Tu peux forcer encore ! Alors qu’est-ce que tu fais ? » Je rêve de lui répondre « Si je quiche plus tu vas avoir une morte sur la conscience et ma mère va te défoncer ! » Mais je réponds sagement, suintante et avec le sourire comme mes autres camarades : « On augmente l’intensité ». Des malades je vous dis, des malades !

J’avoue que je n’ai pas toujours tourné la molette. Mais pour rattraper Marc je me suis rendu compte que « pas le choix » pour forcer sur les pédales et donner plus de vitesse à mon avatar. Marc, tu ne gagneras pas malgré tes gros muscles !

 « On ne lâche pas maintenant ! », hurle Marion après 30 minutes. Je t’avoue que j’y ai bien pensé mais mes pieds sont enchaînés aux pédales et le pédalier entraine mes jambes vers l’enfer ! Le seul moyen de freiner serait de défoncer ce petit bouton devant moi. Mais j’alerterai la horde infernale de mon abandon. Y a pas moyen, je tiendrai les 15 minutes restantes !

Je suis en danseuse. Je suis au bout de ma vie ! J’ai failli vomir 3 fois… pas pendant, mais en faisant les pauses que nous donne Marion. Oui oui, les 15 secondes entre chaque « escalade », ce sont des pauses. Ces moments où ton corps reprend conscience et se met à bouillonner. Tous tes sens sont perdus : chaud, froid, mal, heureux, fatigué, énervé… je ne sais plus et mon corps veut expulser cette incompréhension…  mais par soucis de dignité je garderai tout.

Mais pourquoi, elle crie ??!!… Et le tout en souriant, elle est extrêmement énervante à sourire ainsi sans arrêt. Tu verrais ma tronche dégoulinante ! Même 5 litres de toxine botulique ne me donneraient pas ce visage… et ses fesses !

Au bout de 45 minutes, je rebranche mon cerveau. Nous sommes tous rouges écarlates, en apoplexie, prêts à exploser, mais avec des sourires béats, voir benêts. Fiers d’avoir réussis cet exploit et d’avoir dépassés nos propres limites. Je suis plus trempée que lorsque je fais mes cours d’aquafitness. Je dégouline, je souris, je me sens… mieux et en vie.

Marion me lance avec son énergie ultra-communicative : « Le RPM, c’est le sport qui libère le plus d’endorphines, responsables de la sensation de bien-être »… Attention, tu es droguée meuf, tu le sais ?! Tu es droguée !! Comment te dire que le bien-être pendant les 45 dernières minutes il était bien bien loin… « … et on brûle autant de calories en 45 minutes de RPM qu’en 3 h de marche » Mais il fallait commencer par ça !

Jacques Mayol j’ai fait 45 min en apnée… record battu !

 On observe, on compare nos résultats sur l’écran et pour chaque participant, est affiché à titre indicatif le rythme cardiaque, la puissance,  les kilomètres parcourus et les calories brulées. Je peux me faire un gros steak ce soir… Bouger plus, pour manger plus (…c’est le moment où je risque d’être censuré).

22km en 45 minutes. Bim Bam Boom avec Carole on a pulvérisé Marc. Mon cardio a explosé. Je suis trempée comme jamais. Je me suis liquéfiée. J’ai dû perdre 3 litres de sueur. Il y a des parties de mon corps, je ne savais même pas qu’elles pouvaient transpirer. Mon corps a littéralement pleuré pendant 45 minutes. Mon front n’a pas cessé d’émettre de l’eau sur le sol, sur mon vélo et  sur Marc… ahahah rires sataniques.

C’est amusant, éprouvant, motivant. Dans cette immersion, il ne me manque que les supporters qui nous balanceraient des bouteilles d’eau pour nous rafraîchir… à penser dans la V2 pour l’évolution du concept !

SPIVI Gonzales « Aïe aïe aïe caramba ! »

Certains disent que le vélo ça fait mal au dos… mais moi je peux te dire que c’est au derch que j’ai douillé !!! Et je préfère prévenir mes prétendants de Tinder pas de « crac crac boum boum »  avant 3 semaines, mon entre-jambes a pris la forme de la selle de vélo, j’essaye de me reconstruire intérieurement. Je sais que tu es en train d’essayer de visualiser la chose… NON ne fait pas ça ! Je couine en marchant avec l’élégance d’un cowboy. Ah le sport ça rend pas toujours beau. Malheureusement tu vas devoir m’appeler Calimity Jane car j’ai décidé de m’y inscrire à la rentrée. Hiihhaaa !

Vous pouvez faire du SPIVI avec Marion à Montpellier dans le sublime centre de remise en forme Le NUAGE, à côté du bassin Jacques Cœur.


SPORT SUD SANTÉ
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Prochain numéro : AUTOMNE 2017 – sortie en octobre 2017

 

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