Face à la tentation je suis faible… surtout lorsqu’elle est gastronomique… et d’autant plus quand elle a des notes méditerranéennes. On m’invite à passer 6 jours en Andalousie pour y découvrir ses délices culinaires … pour un TASTY TOUR ! Évidement j’ai dit OUI ! La bouffe me mènera à ma perte… mais pas de poids !

La Gastronomie espagnole…

Vous connaissez ? … Non la gastronomie espagnole ne se résume pas à la PAELLA! Moi je suis fana de cette cuisine parfois grasse, parfois épicée, parfois simple… mais une chose est certaine elle est vaste et chacun peut y trouver son bonheur gustatif. Elle est symbole plus qu’ailleurs de partage et de joie de vivre. J’ai déjà fait quelques trips espagnols (#PintadeEspagne) et j’ai eu la chance de me lécher les doigts avec :

  • La pata negra : la pata negra est du jambon ibérique, à ne pas confondre avec le jambon Serrano. La pata negra provient de porc de race foncée. Le meilleur, le jambon ibérique de gland provient de cochon qui ne mangent que des glands et qui sont élevés en liberté dans la région de Salamanque. Ces jambons sont affinés au minimum 24 mois, 48 mois pour les meilleurs.
  • Le pan con tomate : Ici on ne beurre pas son pain le matin mais on y met de l’huile d’olive. Pas de pain-beurre-confiture mais pain-huile-ail-tomate. L’huile d’olive peut provenir de Jaén ou Cordoue.
  • Le gazpacho ou le « salmorejo » : C’est une soupe classique de l’Andalousie à base de tomate et d’ail qui a la consistance d’une sauce épaisse et onctueuse, qui se déguste bien froide avec sur le dessus des œufs durs émiettés et du jambon cru coupé en tous petits bouts… miam!
  • Les pintchos : on boit « una copa » et on mange des « pintchos » (tapas). Les pinchos froids sont sur des assiettes sur le bar à volonté (comptabilisé avec des cures dents colorés par les garçons de bar) et pour les chauds, il faut commander. Chaque endroit a sa spécialité !
  • Le cordero asado : un petit agneau de lait cuit durant des heures au four, un délice ! L’agneau est une des viandes préférés des espagnols… et j’avoue que sur ce point je les rejoins.
  • Les Croquetas : ces petits cromesquis de fromage ou de jambon que l’on gobe assez facilement avec une bonne cerbeza
  • La tortilla
  • Les patatas bravas…

Évidement, cette liste n’est pas exhaustive et je compte bien en découvrir plus avec ce TASTY TOUR en Andalousie !


… et celle de l’ANDALOUSIE ?

D’abord, à quoi ressemble l’Andalousie ?

L’Andalousie représente 17% de la superficie de l’Espagne, après la Castille-et-Léon, c’est la communauté la plus étendue du pays. Par contre c’est la plus grande des communautés espagnoles par le nombre de ses habitants : 8,4 millions (46,5 millions pour l’Espagne)… et elle a même son drapeau, avec des couleurs d’espoir et de paix.

Ici on parle fort avec un accent « andalous » plus marqué qu’ailleurs où on mange « aussi » les syllabes de chaque mot. Une tendance à gober le « s » final. Je te laisse imaginer entre un débit andalou ultra rapide et un manque de syllabes dans les phrases… J’ai bien progressé ! Il parait que certains hommes politiques ont même été obligés de suivre des cours de diction pour se faire comprendre du pays.

Et enfin… À quoi à goût l’Andalousie ?

L’Andalousie a le goût de la mer, de la campagne, de la plage et des montagnes. L’Andalousie a le goût du soleil, des brises de l’est et de l’ouest. Elle a le goût des crevettes et du jambon Pata Negra, elle a un goût de mantecados, des oranges de Séville, du vin de Xérès de Jerez et de l’Almadraba de Cádiz. Elle a le goût du vin Montilla Moriles de Córdoba, des raisins secs et des amandes de la côte de Malaga. L’Andalousie a le goût des oliviers de Jaén, et la saveur tropicale de la chérimole et du miel de Grenade. L’Andalousie a un goût de Gazpacho avec des tomates d’Almería.

Oui l’Andalousie a tous ces goûts, sous un soleil et un temps plus que favorables à la profusion de merveilles gustatives. Mais ne vous fiez pas aux premières apparences, elle peut être froide dans les hauteurs, en quelques minutes vous perdez des dizaines de degrés pour permettre à des terres de produire des vins d’exception.

Du 26  novembre au 1er décembre 2017,  je participe donc à la campagne « Tasty Andalusia » qui est menée par le Département de l’Agriculture, de la Pêche et du Développement Rural du Gouvernement Régional (CAPDER), qui vise à promouvoir l’image des produits agroalimentaires andalous à l’étranger.
Son objectif est de renforcer la compétitivité des secteurs de l’agriculture, de l’élevage, de la pêche et de l’agro-industrie en Andalousie, en diffusant des informations sur la diversité des produits agroalimentaires, leurs méthodes de production et leur identification sur le marché. En outre, cette initiative a été conduite pour diffuser les avantages du régime méditerranéen auprès des touristes internationaux pendant leur séjour en Andalousie ainsi que dans leurs pays d’origine.

Pour goûter à cette Andalousie, je fais le tour de l’Espagne du Sud-Est pour commencer afin de découvrir les spécialités de chaque région :

> Malaga 
> Almeria
> Granada
> Jaen


– M A L A G A –

Malaga, la ville

Malaga est une ville portuaire sur la Costa del Sol, au Sud de l’Espagne. Malaga a des allures Romaine et Arabe. Une ville qui a vu naître Picasso, qui cache des coins uniques et offre une gastronomie incomparable, ses habitants, son climat et ses plages… on l’aime pour tout ça! Si tu kiffes les musées, n’hésite pas à te rendre au musée Picasso, natif de cette ville. D’autres monuments te feront découvrir l’histoire de la ville comme le château Gibralfaro sur le mont Coracha, qui offre une vue magnifique. Non loin de là, la forteresse l’Alcazaba et ses jardins. Tu pourras ensuite te promener dans le centre historique et notamment sur la place d’Opispo (pas de Pascal… #blagueNulle) pour ensuite rejoindre le Palais Episcopal.

N’hésite pas à te balader dans la vieille ville pour y découvrir la vraie vie andalouse… enfin, tu me connais surtout pour y goûter ses délices… et surtout pour ses JAMON y VINO ! OLé !


Gastro-experience à Malaga
un DESAYUNO andaluz

Après ma virée de la veille dans la vieille ville et le port de Malaga… et même si mon coco a bien été rempli, j’ai besoin d’un bon petit déjeuner pour commencer ces aventures gourmandes… on se met dans le bain ! Alors je décide de manger local et comme les vrais.

Alors on mange quoi le matin au petit déjeuner en Espagne ?
Oublie le pain et le beurre, ici c’est huile d’olive + pain + ail + tomate… le célèbre pan con tomate … avec du JAMON et surtout surtout de l‘HUILE D’OLIVE!

Ici l’huile d’olive est sur toutes les tables.  C’est comme le sel et le poivre, elle permet d’assaisonner tous les plats et se mange sur le pain à tout moment et avec n’importe quoi. J’y prends vite goût et je sens que mes habitudes vont changer en France.

Une chose que je ne savais pas et dont je n’ai jamais fait attention : une loi existe en Espagne depuis 2014 qui oblige à mettre une opercule sur les bouchons d’huile d’olive afin d’éviter que les commerçants remplissent les bouteilles et mentent sur la provenance des huiles, cela assure une meilleure traçabilité du produit. ça va loin quand même avec leur huile d’olive! Un vrai symbole de leur gastronomie.

Ce qui est bien dommage, c’est que les espagnols n’ont pas du pain aussi bon que le notre. Avec un met aussi présent dans leur quotidien qui accompagne charcuterie, fromage, huile d’olive, plats en sauce… je ne comprends toujours pas que de vraies boulangeries n’existent pas en Espagne. Demandez des boulangeries les gars et vos plats seront sublimés !

 


Gastro-experience à Malaga
BODEGAS SEDELLA (vin)

Nous prenons de la hauteur à Malaga. A 1h de Malaga, le décor change à chaque palier : des oliviers, des pins puis enfin des sapins. Passé le col, voici les ceps de vignes qui aujourd’hui pares leurs plus belles couleurs dorées d’automne. Les maisons sont de pierres blanches, pour garder la fraîcheur et chacune possède sa piscine. J’imagine bien qu’ici en plein été les températures doivent bien avoisiner les 40 degrés. Les oliviers ont quant à eux leurs plus beaux fruits noirs car nous sommes en pleine saison de récolte. Il y a des dénivelés de fada ici ! Nous voilà enfin dans les nuages sur le domaine Sedella (du même nom que son  village de 400 habitant, de 2.5 hectares de vignobles) où nous attend son propriétaire : Lauren Rosillo.

Lauren a choisi l’Axarquía de Malaga pour développer sa formule de vinification réussie: Terroir + Technique + Travail. La ferme est située à Sedella. Appellation d’Origine Sierras de Málaga dont la proximité de la mer Méditerranée, le Parc Naturel des Sierras de Tejeda, Almijara et Alhama, donnent naissance aux cépages Romae et Garnacha qui donnent du caractère et de la personnalité à un grand vin.

Avec les 10 degrés de moins qu’à Malaga, nous sommes reçus dans une maison d’architecte qui surplombe un paysage montagneux et où l’on peut apercevoir, côté Nord, la montagne enneigée de 2069 mètres « La Maroma« . Et si tu regardes bien tu pourras voir, côté Sud, la mer qui brille au loin. Ce bâtiment est également la cave, une belle surprise de trouver un bâtiment si moderne qui se fond aussi facilement dans le paysage. Le bâtiment possède les technologies œnologiques les plus modernes associées aux techniques ancestrales de fabrication de vins naturels. Le vieillissement en fûts de chêne français est l’une des phases fondamentales du développement de leurs vins, que nous avons la chance d’apprécier dans la salle de dégustation face aux montagnes andalouses.

Lauren nous explique, autour de petites douceurs de la région, que depuis 2006 son vin est réalisé en très petite quantité car il est produit entre viticulture biodynamique et  naturelle, depuis 2008 (2 ans pour obtenir le label bio). L’agriculture biodynamique est un mode d’agriculture biologique qui considère que des aliments de qualité ne peuvent être produits que sur une terre en pleine santé. La biodynamie est une technique « naturelle » pour cultiver ses vignes. Le vigneron n’apporte aucune aide à la vigne… elle se débrouille seule pour grandir et donner les meilleurs fruits. Pour lutter contre les insectes et les maladies, il utilise les araignées, des bouillies d’orties et même des chauves-souris qui dévorent les nuisibles. Pour éviter le souffre et l’oxydation du vin, il utilise des pièces de monnaie en argent : 2 par amphores ou 1 par tonneau. L’oxydation se fait sur la pièce et non sur les ingrédients de l’amphore. MALIN !

La culture de la vigne est faite à la main, avec l’aide des animaux de trait et des charrues. Cela doit être impressionnant de les voir travailler sur des pentes de 45% de déniveler où ils défient la gravité. Les ceps de rouge sont plantés coté nord face à La Maroma et le blanc coté sud face à la mer pour plus d’ensoleillement afin d’obtenir un goût plus sucré.

Lauren ne produit que 3 vins différents, avec une production de 7000 cols/an pour une exportation de 80% aux États-Unis, Japon et en Europe.

Nous dégustons chaque vin avec un met différent : du fromage, de la charcuterie, du fois gras… J’ai souvent été déçue par les vins espagnols que je ne trouvais pas aboutis ou mal élaborés, et bien je suis surprise de ces vins rouges. La bouteille au col bleu abrite le nectar des vieux vignobles centenaires du domaine et le col rouge (plus jeune) un vin réalisé avec des boutures des anciens cépages. Le vin a un gout iodé, vu que la mer est proche. Un rouge avec un retour iodé c’est pas commun mais c’est une vrai velours.

Aujourd’hui, il expérimente chez lui, il fait des essais, de nouvelles conceptions… pour faire évoluer son offre et ses cuvées.

BODEGAS SEDELLA
Producteur de vins de Malaga
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Adresses à Malaga !

{ Si tu as toi aussi de bonnes adresses à Malaga, n’hésites pas à me les mettre en commentaires, merci }


– A L M E R I A –

Gastro-experience à Alméria
PRIMAFLOR (salade verte)

On ne va pas se mentir, j’ai rarement vu des légumes chez les espagnols, la « verdura » comme il l’appelle. J’ai même demandé à un pur souche qui m’a répondu : « Es para vacas!« , ce qui veut dire « c’est pour les vaches! » … Je crois que c’est plutôt très clair.

Paradoxal, ici tout pousse près de la mer, près des montagnes avec un climat plus que favorable, ils inondent les rayons des supermarchés français de légumes et fruits espagnols, et pourtant ils n’en mangent pas tant que ça ! On rigole, on rigole, mais à part des poivrons rouges, des tomates, des haricots plats… cela reste minime niveau « verdura » dans les assiettes espagnoles. Pas certaine qu’on comptabilise 5 fruits et légumes par jour… Depuis mon arrivée, c’est plutôt « 5 jamones y quesos al día » !

Et pourtant, voici notre héro qui va sauver les intestins et les pantalons de nos amis espagnols : Cecilio Peregrin, le roi de la salade verte en sachet… et de Primaflor sa société familiale. Le plus grand distributeur de salade en sachet d’Espagne. C’est à Pulpí, à quelques kilomètres d’Alméria que nous retrouvons Primaflor.

Cecilio Peregrin , Green Lover

Cecilio, ce Green Lover,  nous explique que tout a commencé avec l’alliance d’un Hollandais et son père qui ont débuté avec la production et la commercialisation de fleurs d’ Œillets en 1970. Pas assez de demande et peu rentable ils se tournent rapidement vers les légumes qui bénéficient d’une forte demande à l’exportation. Aujourd’hui, brocolis, laitues, oignons,… plus de 52 produits sont cultivés ici, même si Primaflor est spécialisé dans les légumes à feuilles comme l’iceberg, la laitue romaine et les salades.

Les cultures sont diversifiées pour permettre un turn-over de la terre et rentabiliser les sols. Primaflor change régulièrement les cultures des terres pour éviter les bactéries et entretenir les sols. 3 hectares sont totalement consacrés aux tests des nouveaux produits à commercialiser.
Un autre défi de taille : irriguer 6 400 hectares ! Un ingénieux système hydroponique permet de tirer le meilleur parti de chaque goutte, en recyclant l’eau dans laquelle sont cultivées les laitues.

  • 6 400 hectares
  • 2 700 employés
  • 25 pays distribués

Primaflor, une grande famille

Cécilio me confie qu’il a le souhait de transmettre l’envie de mieux manger, de faire manger des légumes. Primaflor est une grande famille qui reçoit régulièrement de grands prix reconnus de tous pays. Cécilio est lucide et reconnaissant du travail de ses employés qu’il récompense à son tour. L’agriculture fait partie de la vie dans cette province, des familles entières travaillent chez Primaflor depuis des générations. Lors du repas d’anniversaire des 40 ans de Primaflor, 20 employés se sont vus remettre un prix pour leur travail acharnés depuis plus de 30 ans dans la société. Pour lui, l’esprit de famille et de cohésion sont indispensables et sont le fruit de cette réussite. BRAVO Monsieur, bel esprit !

De la graine à la table !

C’est le moment de la balade… au programme découvrir la vie d’une salade chez Primaflor : de la graine à la table !

J’avais beaucoup d’appréhension sur une entreprise aussi grande : le côté industrielle, grosse machine à fric… je suis restée sur mes gardes toute la visite sur les conditions de travail, les pesticides, la qualité des produits… et je n’ai pas épargné Cécilio de mes interrogations. Rien à cacher le chef d’entreprise, roi de la salade espagnole. Et franchement, ce n’est pas parce qu’une salade est en sachet qu’elle est mauvaise ou moins bonne/fraîche qu’une autre, bien au contraire.

Vous savez cette image que l’on a des produits espagnols qui viennent par milliers inonder notre territoire : ils doivent être gonflés à l’eau, pas assez mûrs, bourrés de pesticides, de mauvaises qualités… mais comment pourraient ils l’être alors que le climat et les  conditions sont bien meilleurs avec des normes draconiennes sur la production. Je suis étonnée, surprise et ravie de me réconcilier avec cette étiquette « produits frais espagnols »… même si je privilégierai toujours le circuit court et local.

Primaflor partenaire d’un chef étoilé

Le restaurant étoilé au guide Michelin de Rodrigo de la Calle: «El Invernadero» fait confiance à la société Primaflor. Le chef créé régulièrement des recettes originales autour d’une Greenstonomie qui lui est propre. Hâte de pouvoir y retourner pour découvrir ce restaurant qui ne manque pas de croquant. Ce chef réussit à faire manger des légumes aux espagnols. BRAVO !

PRIMAFLOR
C/ La estación, 2 – 04640. Pulpí (Almería) España
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Gastro-experience à Alméria
FISH FACTORY LONJA DE ALMERÍA

Le marché aux poissons d’Almeria a plus de 100 ans d’expérience. C’est l’endroit où l’on trouve les meilleurs poisson frais et la célèbre crevette rouge qui est la spécialité d’Almeria.

En direct de la criée

18 heures. Je « sens » qu’on s’approche… je le sens, je le sens !! Et oui ici ça sent bon le poisson. Nous arrivons au seul port à 100km à la ronde. Les chalutiers rentrent au port pour le marché aux poissons du soir. Il est bien plus intéressant que celui du matin car il y a un plus grand choix. Le matin il n’y a que 4 sortes de poissons différents. Ne sont acceptés à la criée que les professionnels, mais nous avons un passe-droit pour participer à ce spectacle. Oui pour moi cela a été un vrai spectacle. Autant dans le déchargement des chaluts que dans la salle des ventes : oUuwWwwaaaaaa !! J’avais l’impression d’être à DisneyLand et j’ai eu envie de tout acheter !

On nous explique que des actions sont menées pour permettre aux poissons de se développer, se reproduire naturellement. Il y a un respect de la nature même si c’est de la pêche aux chaluts.

Au menu : Lotte, poulpe, crevette, calamar, chipiron, chopito, gambas rojas, espadon, merlu… 50 espèces différentes sont capturées au large des côtes andalouses.

 

La salle des ventes

Comment ça se passe dans la salle des ventes ?

Il y a 10 ans tout se faisait à la voix: ça chantait, ça braillait… comme chez Asterix et son célèbre « il est frais mon poisson, il est frais ».

A la tombée de la nuit, bateaux amarrés chargés de fruits de mer et de poissons frais, assister à la vente aux enchères est quelque chose qu’il ne faut absolument pas manquer. Et même si j’habite sur la côte méditerranéenne cela ne m’était jamais arrivé.

Les caisses bleues de poissons sont rangées en ligne sur le sol inondé, entourées d’énormes morceaux de glace. Les poissons sont tellement frais qu’on a l’impression qu’ils vont sauter des caisses !

Beaucoup d’hommes. Les acheteurs se connaissent tous et ça papote, ça chahute comme des filles devant le podium aux poissons.  Le runway commence tel la Fashion Week, ça défile et tout le monde se tait. On scrute, on s’approche, ça devient silencieux et très sérieux sur les blocs de béton. Chacun son petit boitier et les caisses de poissons passent sous les projecteurs : ils sont pesés, calibrés, filmés.

Comment reconnaître qu’un poisson est frais ?

Le poisson doit avoir :

  • les yeux ronds,
  • les écailles brillantes,
  • des branchies rouges sang et vibrantes.

Cela permet de dire qu’il n’a pas perdu beaucoup d’eau et qu’il sort juste de la mer.

 La boutique en ligne de la criée

Les pros peuvent acheter directement sur place ou grâce à leur tout nouveau projet : passer leur commande en amont sur leur site internet Del Barco à la Mesa (Du bateau à la table). Une boutique en ligne, accessible aussi aux particuliers, avec une livraison en 24h.
L’Organisation des producteurs de pêche d’Almería
assure un poisson ultra-frais avec une pêche tous les jours sur la côte d’Almeria et la Mar de Alborán en garantissant une fraîcheur et une traçabilité absolue de ses produits. Pour ceux qui habitent à moins de 50km, ils sont livrés gratuitement 2 h après l’arrivage du poisson au port, pour un minimum de commande de 2kg. Pour les autres réception du poisson avant 13h le lendemain. Un petit bout de femme, Elvira Morote,  est à l’origine de ce projet de boutique en ligne. Elle a été surprise et atterrée de voir que les enfants de la région mangent des poissons d’Afrique avec 3 mois de congélation. Elle impose le frais, le circuit court, le local et promeut le bon ! Aller HOP dans le panier électronique (comme pour des fringues) afin de manger enfin des produits de qualité. BRAVO madame !

Sète, Palavas … ? ça existe chez nous ? car moi au vue des prix, de la qualité et des facilités, je veux la même chose !

Le restaurant de la criée : poissons frais assurés

Le restaurant La Lonja est accolé à la criée. Où pourras-tu trouver du poisson aussi frais ? Aussitôt pêchés, aussitôt préparés !

  • Gambas Rojas
    La spécialité d’Alméria ! La crevette rouge est une crevette plus charnue et avec un goût plus intense. La meilleure crevette du monde. Malheureux, tu ne peux pas aller à Alméria et ne pas la goûter ! Tu ne mangeras plus les crevettes de la même manière, il y aura toujours ce petit moment de comparaison avec les Gambas Rojas de Alméria ! Huile d’olive, ail et jus de citron suffisent à enflammer mes papilles.

  • Fritura de pescado a la andaluza : Il s’agit de poissons fris. Des anchois, des petits calamars, des crevettes… Toute cette friture est salée puis pannée dans de la farine avant d’être frit. Si vous n’aimez pas le poisson en Andalousie vous ne l’aimerez jamais. J’en ai trouvé beaucoup en Andalousie, servis souvent comme entrée presque comme aperitivo. Un filet de citron, un vin blanc sec et c’est le paradis!

  • Le piment de la vie – Gambas al Pil-Pil
    Ces crevettes servies avec une sauce épicée sont ce que les Andalous connaissent comme les gambas pil-pil. La salsa est composée d’une combinaison d’ail, de paprika, de piment et de vin blanc. Cuite dans un plat allant au four, cette entrée arrive à votre table en grésillant… les gambas frétillent !


– G R A N A D A –

Gastro-experience à Grenade
BODEGAS MUNANA (vin)

Troisième jour avec de nouvelles visites au menu. Autant te dire que j’ai le coco bien plein avec toutes ces dégustations. Aujourd’hui, ça sera vins et fromages !

On change de décor. Après la mer, nous voici à la montagne et dans des villages troglodytes. Entre Grenade et Guadix, une grande partie de la population vit dans des grottes, on comptent environ 2 000 grottes résidentielles face aux sommets enneigés de la Sierra Nevada.

A quelques kilomètres de Grenade, nous montons dans les hauteurs à plus de 1 200 mètres sur le versant Nord de la Sierra Nevada. Cette localisation rend la production unique avec une fonte des neiges riche en minéraux qui fournit l’irrigation parfaite pour le vignoble. Les contrastes de température de plus de 20 degrés entre le jour et la nuit, font  en sorte d’éviter les maladies et les nuisibles. A notre arrivée nous avons même eu droit à un fabuleux arc-en-ciel.

L’histoire des caves MUÑANA a débuté dans les années 1980. Nous sommes dans un processus et un volume bien différent de notre première visite du domaine Sedella. Ici c’est 200 hectares de vignobles dans une terre d’argile où les conditions sont optimales pour obtenir un raisin de qualité riche en nuances. Cette bodega est pleine de surprises car avec leurs 9 variétés de raisins, elle réalise 10 vins différents et 200 000 cols/an… le tout se conserve dans des caves taillées dans la roche qui permet une régularisation optimale de la température des tonneaux. Les vendanges se font manuellement par 30 personnes et le reste de l’année 7 personnes pour la coupe.

Les noms sont équivoquent, les packagings sont réalisés par une école de marketing… une communication et un marketing bien engagés. Du rosé, du rouge, du blanc… il y en a pour tous les goûts. Je suis séduite par une cuvée plus ancienne que la « Délirio » qui pour moi reste un peu jeune dans sa maturation.

La « Muñana 3 Cepas 2012″.
AWC Viena, l’International Wide Guide et le Concurso Internacional Cince lui ont décerné à plusieurs reprises une médaille d’or.
Muñana 3 Cepas, joue sur la douceur, la couleur, les arômes et la force agréable de la variété Syrah; et révèle la structure et l’assemblage du Cabernet Sauvignon, ajoutant la douceur du Merlot. La récolte a été faite à la main et seules les grappes parfaites ont été récoltées, parcelle par parcelle selon l’état de maturité optimal, afin d’obtenir la qualité maximale.
Les raisins ont été transportés à la cave dans les plus brefs délais, dans de petites boîtes qui en contiennent 15 kg. Puis 12 mois en fûts de chêne français de 300 litres et 12 mois en bouteilles dans les grottes naturelles de la région à une température constante de 16 degrés. En bouche, beaucoup de fruits rouges, structuré, bonne acidité avec un final persistant et fruité. PARFAIT avec charcuterie et fromage!

Nous avons dégusté 6 vins différents… et autant te dire que les verres sont bien remplis, heureusement il y a eu une dégustation de fromages de brebis qui accompagne tout ça!

BODEGAS MUNANA
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Gastro-experience à Grenade
QUESOS DE LEYVA (fromage de brebis)

Heureusement Ignacio nous inonde de fromages et de pain pour accompagner la dégustation des vins Muñana, les fromages Quesos de Leyva. Tu connais mon amour pour le fromage et bien je suis tombée en amour pour la brebis…. encore une fois !

Cela fait déjà deux générations que la famille d’Ignacio fabrique du fromage pour sa propre consommation avec une recette familiale typique de la région. Ignacio Miranda de Leyva à commencer son activité professionnelle avec l’élaboration de cette recette. Il a pris des cours, obtenu les labels nécessaires auprès des meilleurs. C’est ainsi qu’il a adapté les connaissances transmises par sa famille aux méthodes et techniques actuelles dans lesquelles la sécurité alimentaire prévaut.

Le lait de brebis est très riche en matières grasses, deux fois plus que le lait de vache. Toutefois ses globules gras sont plus petits le rendant plus facile à digérer. Un fromage fabriqué à base de lait de brebis contient beaucoup plus de calcium, ce qui fait qu’il est très énergétique. Pour couronner le tout, il est léger et comporte beaucoup moins de calories. À consommer sans modération.

Pour les personnes allergiques au lactose, les fromages à base de lait de brebis sont totalement indiqués. En effet, après l’étape de l’affinage, ils en sont totalement dépourvus. Seule ombre au tableau, il est rare de trouver des fromages au lait de brebis. Pour avoir le même volume de lait obtenu après la traite d’une vache, il faut au moins 20 brebis.

Autour de cette dégustation, de fromage à croute dure ou de fromage frais, je trouve un homme passionné et passionnant qui arrive à nous faire découvrir les arômes d’un fromage en accord met et vin avec la bodega Muñana… et qui nous parle avec amour de ses 250 brebis et des 8 mois de préparation pour ses fromages les plus anciens.

Bien dommage, impossible de mettre le fromage frais dans mon sac car il ne se conserve que quelques jours au frigo. J’embarque par contre un fromage entier de plus de 1kg à croûte dure, et tampis pour mes compagnons de voyage ou les personnes de l’avion sur mon retour.

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Gastro-experience  à Grenade
QUESERIA LAS RRR (fromage de chèvre)

Après une dégustation de fromages de brebis, nous voici finir la journée dans une fromagerie familiale la Queseria LAS RRR avec la production de fromage de chèvre artisanale en suivant les anciennes coutumes de la province chez Roberto Rivas Ruíz.

Comparé au lait de vache, le lait de chèvre contient plus d’acides gras et se digère plus facilement. Naturellement homogène, le fromage au lait de chèvre est recommandé pour les personnes qui supportent mal le fromage au lait de vache. Notamment parce que le lait caillé de chèvre est beaucoup plus fin, et l’on ne trouve que 40 à 45 grammes de lactose par litre de lait.

On entre dans un atelier familial car ici frère et sœur travaillent main dans la main pour donner l’un des meilleurs fromage de chèvre, récompensé  « World Cheese Awards 2015 » !

On assiste aux différentes phases de la création de ce petit trésor avant de passer à la dégustation qui est toujours un GRAND plaisir pour tout le monde.

QUESERIA  RRR
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– J A E N –

Gastro-experience à Jaen
CASTILLO DE CANENA (huile d’olive)

Même si j’ai aimé toutes les visites de ce TASTY TRIP, je crois que c’est cette journée qui m’a le plus fait voyager en Andalousie. Je me suis sentie impliquée, invitée et émerveillée. Castillo de Canena c’est une famille, une grande dame, une société et des employés engagés. Même avec la barrière de la langue, ce fut un réel moment de partage et de découvertes de personnages passionnants. De sourires, de rires, de nouvelles connaissances et de savoir-faire.

Cette entreprise familiale est spécialisée dans la production d’huile d’olive. La société prend le nom du château de la famille niché dans les collines du canton de Canena, Jaen. Le château de Canena, a été construit par les Arabes sur les vestiges d’une colonie romaine. Au cours de la Reconquista, il a servi de forteresse de l’Ordre de Calatrava jusqu’à ce qu’il a été transformé en un château 1538. La propriété a été déclarée monument culturel en 1931 et plus tard acquise et restaurée par la famille Vañó. L’histoire oléicole  de la famille Vañó a commencé en 1780, cultivant des cépages classiques tels que Picual, Arbequina et Royal. L’huile d’olive est le protagoniste principal de leur culture et de l’économie de la province de Jaén. Les 286 000 oliviers sur 2 000 hectares de la famille se trouvent entre les chaînes de montagnes de Carzorla et Mágina en vallée Alto Guadalquivir, à proximité des villes classées au patrimoine mondial de l’UNESCO : Ubeda et Baeza.

Rosa et Paco, sœur et frère, sont les propriétaires et gestionnaires du domaine depuis plus de 14 ans. Rosa est une ancienne grande marketeuse du Groupe Coca Cola, elle a travaillé dans le monde entier tandis que son frère a eu le même besoin de voyages mais dans le domaine bancaire. Aujourd’hui, ils sont à la tête d’une société, qui produit une huile d’olive extra vierge de grande qualité :

  • plus de 300 000 bouteilles/an,
  • distribuée dans 52 pays dans les épiceries , chez les chefs des grands restaurants.

Ici on produit de l’huile d’olive de haute qualité classée parmi les meilleures au monde. Elle se consomme verte et froide, on ne l’utilise pas pour la cuisson.  La récolte se fait en octobre car par la suite les olives deviennent noires et n’ont pas le même goût. Plus les olives seront matures, plus l’huile sera douce. Moins de maturation, plus elle aura un goût prononcée d’olives.

J’ai donc eu la chance d’assister à la récolte des olives à la main.
Au milieu des hommes, on peut voir des machines vibrantes « les secoueuses » qui interviennent pour secouer les arbres que les hommes n’auraient pas réussi à délester de tous leurs fruits mais également pour tirer les bâches pleine d’olives. Les oliviers sont récoltés de manière traditionnelle. Ils sont plantés aux extrémités de carrés de 7m x 7m sur 2 000 hectares. La nature et la tradition sont à l’honneur, on utilise la biodynamie, le compost , les animaux, les insectes… Chaque arbre a son propre système d’irrigation. Certains arbres ont 4 pieds à leur base, ce sont des arbres centenaires voir bicentenaires. Il n’y a pas de relation entre l’âge de l’arbre et la qualité de ses olives.

Arme et bâche en main, les « gauleurs » se lancent à l’assaut des oliviers sur lesquels ils frappent de toutes leurs forces afin de faire tomber les olives sur le sol. Ils mettent des chaussons pour éviter d’écraser les fruits. Le bâton s’appelle la gaule… oui je sais moi aussi ça m’a fait sourire. Le tissu blanc est changé pour chaque arbre. C’est une sublime danse qui s’opère sous nos yeux avant de repartir dans les champs pour faire les dégustations de ses velours verts.

La dégustation va transformer mes habitudes alimentaires. On la rajoute à chaque plat servi. On la marie avec la soupe, la viande, les légumes, les gâteaux et même la glace ! Certaines huiles sont associées à des extraits et quelques gouttes suffisent à faire s’exalter les saveurs de tous les ingrédients.

Je pensais consommer déjà beaucoup trop d’huile d’olive mais avec la découverte de l’huile d’olive fumée… tout tout tout est prétexte à la savourer. Cette petite bouteille bleue est devenue ma meilleure amie et tout comme les espagnols, la bouteille d’huile d’olive accompagne mon sel et mon poivre sur la table.

Ramassage des olives, dégustation, déjeuner à la ferme, diner au château, rencontre avec de grands personnages, avec des animaux… cette journée aura été la plus ludique et éducative sur la tradition de cette famille et de cette région.

A savoir

  • Conservation : On conserve une bouteille 3 mois ouverte (pas en contact avec l’oxygène donc pas d’oxydation), 14 mois, si elle n’est pas ouverte.
  • Tradition : Il y avait un olivier devant chaque église afin de faire de l’huile pour les lampes.
  • Spécialiste : Il n’existe pas de « sommelier » pour l’huile d’olive mais il y a des cours, des formations comme pour l’œnologie.
  • Beauté : Les asiatiques les utilisent pour la beauté et dans tous leurs produits de beauté… , comme moi j’utilise l’huile de coco pour tout (cheveux, corps, visage…).

Castillo de Canena collectionne les prix et d’après le Flos Olei 2016 , elle est proclamée « La meilleure compagnie d’huile d’olive dans le monde« , dans le TOP 20 avec un score maximum.

 CASTILLO DE CANENA
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 TASTY ANDALUCIA

#andaluciatasteslikes #PintadeEspagne

 Toutes les photos de mes 6 jours en Andalousie

… et aussi mes 4 jours en Cantabrie (Espagne Nord)

{ Si tu as, toi aussi, de bonnes adresses en Andalousie,
n’hésites pas à me les mettre en commentaires, merci }

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Blogueuse de Montpellier, Je teste pour toi ! HAPPY BLOG ♥ avec des vrais morceaux d'humain dedans

5 Comments

  1. Annabelle - Matante A Reply

    Je retrouve l’Andalousie gourmande que j’ai connue dans ton article (et son manque de verdure qui me manquait après 1 semaine!). Et je découvre l’huile d’olive fumée que je vais tester assurément une prochaine fois! Ma bonne adresse à Malaga: El Tapeo de Cervantes (ou sa grande sœur, El meson de Cervantes), tout près du théâtre: une excellente cuisine, raffinée, inventive et abordable!

    • OOOhh merci Annabelle !
      Je retiens cette belle adresse… et n’hésites pas pour l’huile d’olive fumée mais attention, tu ne pourras plus t’en passer 😉

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