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UNE A NÎMES 44 / avril 2014 : J’ai testé… devenir une NIMOISE

Voici ma nouvelle chronique au sein de l’équipe du webzine >> UNE A NÎMES <<

Nouvel article dans le numéro 44 >>

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« CHÉRI, AUJOURD’HUI, JE VEUX ÊTRE UNE NÎMOISE ! »

Dimanche matin, alors que le Victor s’endort, le quartier des Halles s’agite… ça crépite, ça piaille… Je me sens comme une invitée chez ces étrangers. Tous se connaissent, se saluent dans la rue en habits du dimanche. Nîmes n’est aujourd’hui qu’un gros village.

LE MARCHE DES HALLES

Le marché des Halles, dans les antres de la Coupole, est le lieu où l’on fait ses courses, mais c’est aussi le lieu où l’on rejoint ses amis pour parler des frasques de la veille et des belles poupées rencontrées. C’est aussi le lieu où il faut être vu. Bien loin de là où il faut être vu sur Montpellier, plus superficiels et sans âme. Le marché n’est pas une histoire de génération, tous les âges se bousculent et s’embrassent.

LA BRANDADE, LA TAPENADE ET LES PICHOLINES NÎMOISES

Apparemment, il n’y a aucune hésitation à avoir «Il faut aller chez OLIVES DANIEL» Je dois avouer qu’à chacun de mes passages, l’accueil y est toujours souriant et plein d’attention. « Tiens Gabriel, tu en veux une noire ou une verte ? » Ce petit minot de 2 ans déguste ses premières picholines, sous l’œil bienveillant de ces 3 drôles de dames. La brandade maison est faite du jour avec le jus de ses belles olives. L’odeur envahit nos narines et
émoustillent nos papilles. Je commande donc brandade, tapenade et picholines. « Ouvre ton panier, on continue ton intronisation! »

LES PETITS PÂTÉS NÎMOIS

Passage chez Thierry BOSC, pour ses petits pâtés que je ne connais toujours pas. Honte à moi ! Certains ont une farce à base de veau et de porc et d’autres à la Brandade. « Je te mets un B sur ceux à la Brandade. » Ici tout le monde se tutoie, serais-je devenue une des leurs ?

VA VOIR ARLETTE, AUX HALLES AUBERGES

Dans le cœur des Halles, je me fraye un chemin, tente une percée, et j’obtiens un coude sur le comptoir. «Si tu veux qu’on cause, ma petite, faudra venir un peu plus tôt… car là je suis dans le jus». Je ne sais que répondre à part «oui madame», telle une gamine. De toutes les façons, je ne vois pas d’autre réponse qui aurait pu être acceptée par cette dame emblématique des Halles. On y déguste autant des petits vins que du café, des huitres
que des cœurs de canard. Ce comptoir est jonché d’hommes, de femmes avec des journaux, des poussettes… le tout dans un brouhaha régulier et bien orchestré car cela ne gêne personne, chacun arrive à se faire entendre. Je crois que je n’avais jamais autant vu de personnes au m².

LE COMPTOIR DES HALLES, CHEZ GÉRARD ET MOQUETTE

A quelques mètres, en sortant, on va chez Gérard et Moquette. «Mais pourquoi Moquette ?» «Tu regarderas son torse»…
Frissonnement de ma part à l’image de cette vision. Légende ? J’ai pas osé demander. Ici on investit la rue, les trottoirs, les uns contre les autres sur des bancs, accoudés à des tables collectives… Les visages sont plus fatigués, les traits tirés, je pense que certains n’ont pas eu encore le courage d’entrer dans le ventre des Halles. Soirée arrosée ? Quoiqu’il en soit… les Costières coulent à flot et les rires inondent la rue.

LES CROQUANTS VILLARET

A deux pas, rue de la madeleine (cela ne pouvait pas mieux tomber), je pousse les portes de cette boutique aux allures de salon de thé. Des tables longent les présentoirs de pâtisseries, viennoiseries, gourmandises et tartes salées. Pendant que certains dégustent, d’autres bavent devant les vitrines et montrent du doigt les délices dominicaux auxquels ils vont succomber. La boutique est pleine et ici encore, tout le monde se connaît.

LE PANTEL

Les nîmois suivent le soleil. On se retrouve sur l’avenue Jean Jaurès. Voilà le PANTEL. C’est bondé ! «Achète ton journal et viens t’assoir». Je choppe mon ELLE, le cafetier me passe devant et demande un briquet. «Je vous l’revaudrai», me dit-il avec un clin d’œil. «Dans ce cas je veux bien un
café.» «Aller ça marche!» C’est moi qui ai dit ça ??!! Je crois que l’esprit nîmois et décomplexé m’a envahi. On dépose tout notre butin sur la table, je commande un petit rosé pour accompagner tous ces pêchés gourmands MADE IN NIMES. Dégustation extraordinaire.
Le ventre arrondi et l’esprit embrumé, nous remontons le JJ, on fait la bise à David au JEAN JAURES et saluons la famille du GAMBRINUS. Tels des tournesols les nîmois s’orientent et s’épanouissent au soleil. Le champ Jean Jaurès est loin d’être en friche.

LES JARDINS DE LA FONTAINE

J’ai l’impression d’être dans La Gloire de Mon Père de Marcel Pagnol où les enfants s’amusent sur leurs destriers tandis que les amoureux fricotent et les amis papotent. C’est émouvant, charmant, comme une impression de retrouver ces moments d’enfance qui aujourd’hui me manquent tant dans la trop grande ville de Montpellier.

FIÈRE D’ÊTRE NÎMOISE

Je sais que pour vous, nîmois, c’est votre façon de vivre mais pour moi qui vit à seulement 50km de chez vous, j’ai l’impression que nos coutumes sont
bien différentes et c’est bien dommage.
Je ne vous prendrai pas votre équipe de foot, votre manière de conduire ou votre accent… mais je vous prendrai bien cette douce façon de vivre. Nîmes, c’est des valeurs ancestrales. Le plaisir des choses simples comme un dimanche en famille ou entre amis… ça sent la pub Justin Bridou mais je vous promets que Nîmes sent le bon vivre.
Comme on dit, loin des yeux près du cœur, il m’aura fallu partir pour apprendre à aimer la beauté de cette ville : son chauvinisme, son architecture, ses personnalités, ses arènes gorgées d’émotions pendant une corrida ou lors de concerts incomparables.
Aujourd’hui, je suis fière d’être nîmoise, même si demain je retrouve à nouveau ma peau de montpelliéraine.

Paraît-il que l’on garde un homme avec le cœur et le ventre… Pour ma part, Nîmes je suis toute à toi !

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